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13/05/2016

Bonjour ! Après une longue période de réflexion, j'ai décidé de traduire la nouvelle version de Sunlight. Pour ceux qui ne seraient pas encore au courant, l'auteure a décidé de réécrire Sunlight. Je l'ai donc suivie et j'ai décidé de traduire la nouvelle version. 

Je tiens tout de même à vous demander d'être indulgents quant au temps que je prendrai pour réaliser les traductions. Je ne suis pas professionnelle et j'ai également une vie. Je m'engage à faire de mon mieux pour que votre lecture soit la plus agréable possible. Par ailleurs, n'hésitez pas à me faire parvenir vos avis et vos remarques, j'en serai très reconnaissante (même s'il s'agit d'erreur dans la traduction, de problèmes de grammaire, conjugaison ...). 
 

10/04/2015

Bienvenue sur la fiction française de Sunlight
 
 
Sunlight est une fiction traduite de l'anglais par mes soins, veuillez respecter mon travail et celui de l'auteur d'origine. 
 
- Cette fiction est une suite de la fiction Night Walkers et a pour personnages les membres de One Direction. Si vous souhaitez lire la fiction Night Walkers en français, vous pouvez lire ma traduction ici
 
- Fiction imaginée et écrite par hiddenoptimist sur AO3, vous pouvez trouver la fiction en anglais ici
 
Bonne lecture à tous et à toutes.

10/04/2015

Résumé

 
Plus de deux ans se sont écoulés depuis la mort de Tess. Jamais elle ne s'était sentie aussi bien depuis ce jour-là. Sa peau est telle le marbre brillant, ses dents pointues et tâchés de sang, et sa mission est presque accomplie : elle a trouvé celui qui a tué ses rôdeurs.
 
Désormais, elle doit le tuer.
 
AVERTISSEMENT :

Cette fiction peut contenir des scènes à caractère sexuel, de l'abus sexuel, un langage parfois obscène et de la torture. 
Ne lisez pas cette fiction si ce qui est mentionné ci-dessus pourrait vous indisposer. 

10/04/2015

Sommaire

- Chapitre 1 : traduit, en ligne. 
 
- Chapitre 2 : traduit, en ligne.

- Chapitre 3 : traduit, en ligne.
 
- Chapitre 4 :  traduit en ligne.

- Chapitre 5 : en cours de relecture.

- Chapitre 6 : en attente sur la fiction anglaise.

13/05/2016

Chapitre 1


Les valets se trouvant à côté de la porte se raidirent à son approche. Elle savait que sa présence les terrifiait ; même à cinq mètres de distance elle arrivait à percevoir les fins poils sur leurs bras nus s'hérisser. Ils s'écartèrent tout de même, lui tenant la porte. Elle entra et se retrouva face à face avec l'hôte de la soirée.
 
« Bonsoir, madame », dit-il. Sa voix paraissait douce à l'oreille humaine, mais elle détecta un petit bégaiement et une légère hésitation dans son ton. « Avez-vous une invitation ? »
 
Elle mit la main dans son sac, ses doigts frôlant le métal froid de la dague dissimulée à l'intérieur, et en sortit l'épais papier de couleur crème. L'ornement doré brilla sous les lumières, celles-ci illuminant aussi sa robe. L'½il humain, bien qu'étant incapable de remarquer les plus fins détails du monde l'entourant, ne pouvait pas manquer la beauté exquise de sa tenue. Elle préférait avoir l'attention de la pièce sur elle, et ce soir n'était pas une exception à la règle. Elle avait suivi le thème de la soirée, « Tout Ce Qui Brille N'est Pas De L'or », avec un enthousiasme vigoureux. Elle était, après tout, la personnification de la phrase ce soir.
 
L'hôte lui sourit sceptiquement. Il n'était pas très grand pour un homme, faisant presque une tête de moins qu'elle avec des talons, mais il n'était pas petit. Sa chemise blanche ressortait de son gilet. La présence de cette femme le troublait. Il se mit à rougir en regardant le papier.
 
« Évangeline, ravis de vous revoir. Vous êtes magnifique ce soir, je croyais pourtant que vous ne pouviez pas venir ? »
 
Elle sourit, dévoilant des dents qui brillaient comme de la neige fraîche. « Changement de plans. J'espère ne pas déranger en venant sans avoir confirmé ma présence. » Elle rit, une mélodie joyeuse qui attira le regard de tous ceux qui se trouvaient à proximité. « C'est l'évènement de l'année dont tout le monde parle. Vous pensez bien que je ne le manquerai pour rien au monde. »
 
L'hôte rit avec elle mais son rire semblait presque sans vie comparé au sien. « Bien sûr. Je vous souhaite une bonne soirée. »
 
Elle le remercia et entra dans la salle de bal. En balayant la salle du regard, elle se dit que les gens étaient bien trop préoccupés par les objets matériels. Ils ne semblaient pas comprendre le concept de la mort. À toutes fins utiles, les humains se croyaient immortels et invincibles. Elle se retint de rire en pensant au destin tragique imminent qui menaçait les danseurs tel un nuage noir. Elle savait parfaitement à quel point un corps humain pouvait être fragile, il suffisait de prendre Évangeline comme exemple, son corps froid et pâle étendu au fond du jardin, pour réaliser à quel point la chair était fragile et facile à déchiqueter.
 
En entrant dans la salle de bal, elle fut surprise par le raffinement qui se présenta à elle. Elle s'était déjà trouvée ici il y a mille ans (bon, deux, mais personne ne compte vraiment) et savait que cette pièce avait été auparavant vide si ce n'était pour la croix fixée au mur. Elle y était encore, accrochée au mur avec de l'argent pur, au-dessus d'une plaque polie. Elle détourna le regard, faisant un petit demi-tour, regardant la fine fenêtre sur le mur gauche. Seul le clair de lune passait à travers, éclairant d'une légère lumière nacrée la piste de danse scintillante. Elle avait vu cette salle dans ses plus beaux et ses plus sombres jours, durant ces derniers elle n'était rien d'autre qu'une salle de torture. Tous les souvenirs qu'elle avait de cette pièce étaient ternis de douleur et de souffrance, même si ce n'était pas forcément que la sienne.
 
Cette soirée n'allait guère être différente.
 
Les corps tournoyaient dans la salle, ensorcelés par la musique jouée par le petit orchestre qui se trouvaient dans le coin. Une valse, alourdie par les notes tristes du violoncelle. Ce n'était pas normal. La soirée était faite pour s'amuser et pour le moment elle n'avait pas vu grand monde s'amuser. Malgré sa récente histoire, la société humaine tout juste ressuscitée était extrêmement différente de la sienne et l'embrouiller fortement. Pourquoi se rendre à une fête sans s'amuser ?
 
Ce n'était pas à elle d'en juger. Elle n'était pas censée être ci, cette fête et ce pitoyable hôte n'était pas censé s'adapter à elle. Ils n'étaient que les poissons nageant les uns contre les autres ; elle était le requin se trouvant dans les profondeurs. Elle avait une tâche à accomplir, et cela avant le lever du soleil.
 
La foule de danseurs était dense. Elle la contourna, dos contre le mur, et essaya d'atteindre l'amas de tables de l'autre côté de la salle de bal. Sa cible était assise au fond de la pièce, le charmant Mr Darcy. C'était un pseudonyme, bien sûr. Tout le monde en utilisait un désormais, pour prendre leur distance avec leur passé de l'Âge des Ténèbres, avant le Massacre du Soleil et la Résurrection. Elle détestait le prestige que l'on attribuait au meurtre de milliers de personnes mais elle ravala son dégoût se rappelant qu'elle ne valait pas mieux qu'eux. Le nom qu'elle avait volé pour la soirée était lui aussi un pseudonyme. Il avait simplement changé de propriétaire.
 
Mr Darcy avait emprunté ce nom d'un ancien roman et elle l'avait lu deux fois afin de se préparer pour la soirée. Bêtement, elle s'était attendu à ce qu'il ait une certaine ressemblance au personnage étrangement charmant, mais le Darcy qui se trouvait devant elle n'était rien de la sorte. Un troupeau de femmes toutes plus jeunes que lui de dix ans au moins était assis à sa table et il brandissait son argent, payant des verres comme s'il n'avait aucune limite. Elle savait que ce n'était pas vrai ; il n'y avait qu'une seule raison au fait qu'il ait du liquide sur lui ce soir et c'était tout ce qui l'intéressait.
 
Elle s'approcha de la table, arrangeant sa robe pour que sa poitrine ressorte et que la jupe se trouve à ses hanches. Le tissu était fin et statique là où ce n'était pas de la tulle et elle ne portait rien en dessous. Son année de captivité lui avait appris quelques astuces. Mr Darcy se tût lorsqu'elle passa à côté de sa table. Il se leva soudainement, s'excusant auprès des femmes réunies et se fraya un chemin à travers la foule pour la suivre. Le pouvoir que contenait ses muscles la faisait souffrir, l'implorant d'être utilisé mais elle résista à l'envie de courir. Agir de la sorte la trahirait immédiatement. Elle utilisa à la place la nature captivante des rôdeurs qu'elle se devait de maintenir sur lui. S'il la désirait tant que cela, elle savait que c'était le cas, il pourrait travailler pour elle.
 
Elle s'arrêta à côté du buffet, prenant une flûte de champagne sur le plateau d'un serveur et se tourna pour lui faire face. Il était troublé, son visage prenant une couleur rose qu'elle n'avait jamais vue chez un humain auparavant. Il arrangea sa cravate, la desserrant légèrement et de son autre main, il sortit une rose rouge de sa poche. Les pétales étaient plissés et trempés de sueur.
 
« Remarquable », dit-elle doucement, sirotant son champagne. Le vin pétillant engourdissait l'intérieur de sa bouche, le liquide n'ayant aucun goût. Ce qu'elle souhaitait réellement se trouvait sous sa peau, se montrant telle une toile lumineuse de bleu et de rouge sur son corps.
 
Mr Darcy inclina sa tête et lui tendit la fleur. « Pour vous, madame. »
 
Elle prit la fleur et la coinça sur le côté de sa robe. Les épines de la plante éraflaient sa peau telles des épines contre une pierre : elles s'émoussèrent et s'usèrent. Il ne remarqua rien, bien que ses yeux la déshabillassent de la tête aux pieds.
 
Elle serra davantage son sac contre elle, le tenant entre son bras et ses hanches. Elle pouvait sentir la forme de la dague à travers le satin. Un sourire aguicheur apparut sur son visage et elle lui fit signe du doigt de s'approcher.
 
« Vous ne connaîtriez pas un lieu où nous pourrions avoir un peu d'intimité ? » demanda-t-elle d'une voix mielleuse.
 
En étant si proche de lui, son odorat puissant était surplombé par le relent de sueur s'échappant de sa peau et des plis de son costume. Sa vue perçante remarqua les contours d'une vieille tâche sous son bras. Il devait changer de teinturier. Son pouls s'accéléra, battant dans ses oreilles, sinistrement fort en l'absence du sien.
 
« Je connais un endroit », dit-il. Elle pouvait voir des gouttes de salive s'accumuler aux coins de ses lèvres ; son excitation était palpable. Il se tourna et la foule s'écarta de son chemin et après avoir posé sa flûte sur la table, elle le suivit. Tous les yeux étaient rivés sur elle, la foule observant avec admiration et peur. Son désir les avait peut-être attirés mais ils étaient maintenant focalisés sur elle. Quelque part, au fin fond de leur âme, la peur primitive montait. Ils savaient ce qu'elle était, même s'ils ne pouvaient lui donner de nom, et seuls quelques-uns tels que Mr Darcy étaient assez stupides pour méprendre la terreur pour de l'excitation sexuelle.
 
Il disparut sous une tapisserie d'un or chatoyant. Elle le suivit de près, passant par l'entrée des domestiques sur ses talons, et montant un escalier en spirale fait de pierres. De par la décoration intérieure, on pourrait croire que ce lieu était un château plutôt qu'un modeste manoir. Le pouls de Mr Darcy s'accéléra lorsqu'il commença à ralentir, la montée prenant le meilleur de lui. C'était un homme assez corpulent, petit et moche, avec une tête de rat. Son seul charme, selon elle, était sa richesse apparente, et même cela était non-existant.
 
« Aimeriez-vous faire une pause ? » demanda-t-elle aimablement. Sa langue caressa ses lèvres. Elle pouvait voir le sang frapper contre les parois élastiques des vaisseaux qui le transportaient, juste en dessous de sa peau rouge, et cela lui rappelait qu'elle n'avait pas étanché sa soif depuis longtemps.
 
« Je vais bien », répondit-il, essoufflé par l'effort physique.
 
« Si vous le dites. »
 
Elle se demanda comment il avait réussi à courtiser toutes les femmes avec qui il avait soi-disant couché s'il n'arrivait même pas à leur montrer la chambre sans haleter. Il s'écroulait sûrement d'épuisement avant qu'elles ne puissent atteindre les draps.
 
Elle obtint une réponse à sa question lorsqu'il ouvrit la porte se trouvant sur la droite et se poussa sur le côté pour la laisser entrer. La pièce était simple en comparaison avec les paillettes de la salle de bal, mais elle eut à peine le temps d'y jeter un ½il avant qu'il ne se jette sur elle, la poussant contre le mur, ses mains tripotant son corps sous sa robe. Ses doigts attrapèrent le vêtement autour de sa taille, où l'on voyait sa peau pâle avec la plus mince tulle la couvrant, et déchirèrent les coutures. Elle attrapa son sac à main, gardant sa tête éloignée de la sienne, et en sortit l'arme. Elle scintilla sous la faible lumière de couleur rouge d'ambiance et elle la tenait désormais contre sa gorge enrobée.
 
« Voilà comment le reste de la soirée va se dérouler », annonça-t-elle tandis qu'il se figeait devant elle. « Tu vas me dire où se trouve le Chasseur Everett et je te laisserai partir. »
 
« Et si je ne vous le dis pas ? » Il essayait d'être courageux, mais ses genoux tremblaient et il était surtout pathétique.
 
Elle sourit et appuya la dague contre la gorge. Le sang coula le long de la lame, son ventre se serra à l'odeur. Il recula avec précipitation, hurlant de douleur, et elle le laissa partir. Elle se trouvait devant la porte, et ce n'était pas comme s'il était assez rapide pour lui échapper de toute façon.
 
Dans sa hâte pour lui échapper, sa chaire chaude et douce avait effleuré celle qui était froide et dure. Il la regarda avec horreur, le sentiment enfoui en lui prenant enfin du sens.
 
« Vous êtes l'une d'entre eux », murmura-t-il.
 
Elle sourit et lécha le sang sur la lame. Le feu dans sa gorge, attisé par la chaleur et le goût du liquide épais, rugit, lui embrumant momentanément l'esprit, la poussant à tuer. Elle se battu pour contrôler sa soif et pointa la dague vers lui.
 
« Vous ne pouvez pas en être une », dit-il, se redressant. « Ils sont tous partis. Le Chasseur les a. Il n'y en a qu'un... » Il se tût et la fixa. Il avait entendu des histoires à propos d'elle. De ses mains tremblantes, il attrapa les rideaux qui se trouvaient derrière lui et les ouvrit.
 
Elle haussa les sourcils en voyant le ciel nocturne à travers la vitre. « C'est le milieu de la nuit. Pas de soleil. »
 
Mr Darcy hocha la tête comme pour se répondre à lui-même et ferma les rideaux. Elle se détendit mais c'est alors qu'il essaya de s'échapper par la fenêtre du deuxième étage.
 
« Mr Darcy, j'ai bien peur que vous ne compreniez pas ce que je demande de vous », elle soupira, s'avançant derrière lui et attrapant l'arrière de son col. D'un mouvement rapide, elle le jeta contre le mur opposé. « C'est très simple : Où est le Chasseur Everett ? »
 
« Je ne le dirai jamais ! » s'exclama-t-il, se recroquevillant sur lui-même tandis qu'elle le surplombait. Son bras était dans une position étrange ; elle avait déjà brisé son épaule.
 
« Mr Darcy – où devrais-je dire Roderick, n'est-ce pas ? Roderick, je n'ai besoin que de quelques informations. »
 
« Comment connaissez-vous mon nom ? »
 
« Des recherches ? Tu ne peux pas interroger quelqu'un sans avoir fait des recherches préalables, c'est sans intérêt. De plus, nous sommes sur un pied d'égalité maintenant, car je ne doute pas que tu ais compris qui je suis. »
 
Mr Darch – Roderick – gémit et la regarda à travers ses doigts. Il était tellement horriblement pathétique qu'elle en soupira. Son attitude enfantine lui faisait regretter de ne pas l'avoir déjà tué.
 
« Tess », chuchota-t-il et se couvrit immédiatement le visage de nouveau.
 
Elle leva les yeux au ciel. Elle avait l'impression de torturer un enfant. Sa technique de défense aurait pu fonctionner si elle n'était pas sans aucune moralité.
 
« C'est exact », l'encouragea-t-elle. « Et cela signifie que tu sais ce qui va t'arriver si tu ne me réponds pas. Où est le Chasseur Everett ? »
 
 
Tess essuya les coins de ses lèvres du bout des doigts tout en descendant les marches de pierre à nouveau. Elle jeta un rapide coup d'½il à sa robe, se tordant pour voir l'arrière, et arrangea la jupe. Aucune preuve autre que l'odeur de sang dans son haleine et la tulle déchirée au niveau de ses hanches, mais les humains ne remarqueraient pas cela. Elle devait maintenant s'esquiver sans être repérée – quelle honte, vraiment. Cette fête aurait vraiment pu être amusante, même si la soirée avait été une perte de temps. Roderick ne savait pas où Everett se trouvait et elle l'avait conduit aux portes de la mort jusqu'à ce qu'elle détermine qu'il disait la vérité.
 
Cependant, il avait été un bon repas, même si son sang était plein de cholestérol.
 
Elle se glissa sous la tapisserie et rejoignit le glamour de la salle de bal. Le groupe de femmes qui s'était attroupé autour de leur cher « Mr Darcy » était désormais aux côtés d'un autre homme agitant son argent. L'une d'entre elles la regarda et Tess s'essuya la bouche derechef en faisant tout un spectacle. Elle prit du plaisir à voir la teinte rose des joues de la fille lorsqu'elle se tourna rapidement.
 
Tess traversa la piste de danse, appréciant la façon dont la foule tournoyait autour d'elle. Leur peur, presque oubliée après sa disparition, montant à nouveau comme un tsunami. Elle se demanda pourquoi Louis avait choisi de se retirer du monde extérieur alors que nager dans une piscine de peur humaine était si divertissant.
 
On avait déposé des desserts en quantité sur la table de buffet pendant son absence et elle s'en approcha, un gâteau lui faisant de l'½il. Même si elle ne pouvait plus sentir le goût de la nourriture normale, elle adorait la texture collante d'un gâteau. Au début, durant une certaine période, elle avait essayé le régime vampirique équivalent au végétarisme. Elle ne se nourrissait que de nourriture animale et humaine et avait découvert que les gâteaux épais étaient une alternative moins violente à l'arrachage de morceaux de chair de gorges humaines. Encore mieux : le gâteau avait une cerise confite sur le dessus.
 
Elle prit le plus petit gâteau mordit dedans, faisant dos à la foule pour s'assurer que personne ne voit son plaisir obscène. Les humains étaient pointilleux quant à la façon dont les femmes devaient manger un gâteau et ce n'était pas avec la gourmandise dont Tess faisait actuellement preuve. Les restes du goût de sang combinés avec la texture épaisse et grumeleuse du gâteau produisirent un mélange qu'elle n'avait jamais eu l'occasion de goûter. Elle garda la cerise pour la fin, la glissant entre ses lèvres en se retournant vers la piste de danse. Elle avait été tant absorbée par le gâteau qu'elle n'avait pas remarqué l'approche d'un homme. Il était grand et sportif, si l'on se fiait à ses muscles. Son costume était parfaitement repassé et elle remarqua l'odeur du coton frais et propre ; il l'avait acheté pour l'occasion. Elle lui jeta un coup d'½il, remarquant tout cela et plus encore, en moins d'une seconde. Il ne réagit pas à son examen intensif. Il n'avait pas remarqué.
 
« Je n'ai pu m'empêcher de remarquer une charmante femme toute seule », dit-il, souriant et révélant des dents incroyablement blanches. « Veuillez excusez mon audace mais je ne pouvais laisser une femme telle que vous seule. M'accorderiez-vous une danse ? »
 
Il tendit sa main, gantée d'un fin coton blanc. Tess avala sa cerise et plaça sa main dans la sienne. Les gants étaient une bonne idée – elle s'en souviendrait pour la prochaine fois.
 
« Avec plaisir, répondit-elle, mais je ne connais même pas votre nom. »
 
Il était bien plus fort qu'elle ne le croyait et il la fit tournoyer jusqu'au centre de la piste de danse, s'accordant immédiatement avec le rythme de la musique. « Je préfère ne pas connaître mes partenaires », dit-il. « J'aime à croire que cela rajoute du mystère à la soirée, n'êtes-vous pas d'accord ? »
 
Le volume de la musique s'éleva, formant comme une bulle autour d'eux. Les humains se poussèrent de leur chemin tandis qu'ils tournoyaient et dansaient, dominant la piste. Tess finit par se rendre compte qu'elle avait été absorbée par la musique et le moment, perdue dans les yeux étonnamment bleus de son partenaire. Elle n'avait jamais vu des yeux aussi étincelants de sa vie. Sortie de sa rêverie, elle remarqua que les humains étaient figés autour d'eux formant un cercle, ils formaient une barrière.
 
« J'adore danser » soupira son partenaire, brisant pour la première fois le contact visuel qu'ils avaient. « Je trouve cela très romantique. J'en connais d'autres qui n'en diraient pas autant, certains d'entre eux pensent que la définition du romantisme est de chasser une fille dans les bois et de la prendre pour prisonnière. »
 
Tess commença à se sentir mal à l'aise. Il venait tout juste de décrire sa capture, mais elle se rassura en se disant qu'il parlait d'un cas similaire. Trois ans était une longue période pour se rappeler de quelque chose reposant sur la mince chance de tomber sur ladite personne. Pourtant ses mots résonnèrent dans sa tête.
 
« C'est épouvantable », répondit-elle. Sa voix resta calme.
 
« N'est-ce pas ? »
 
Il serra davantage sa main. Tess commençait à être prise de vertige à force de tourner – cette danse semblait ne consister qu'à virevolter apparemment. La chanson ne devrait-elle pas avoir normalement pris fin ? Elle semblait répéter les mêmes mesures encore et encore. Tess réussit à jeter un ½il au cercle humain autour d'eux. Il n'y avait aucune issue immédiate. Elle était piégée.
 
Elle enfonça ses talons dans le sol et arrêta son partenaire. « C'était merveilleux », commença-t-elle. « Vous êtes vraiment un fantastique danseur mais je dois partir maintenant. » Elle réussit à lui adresser un petit sourire. « Il est presque minuit, après tout. »
 
Le sourire de l'homme disparut. « Vous n'êtes pas Cendrillon. Je le sais. Restez encore un peu. »
 
Il serrait sa main d'une telle force que s'en était douloureux. La musique finit par s'arrêter puisque plus personne ne dansait et c'est à ce moment-ci qu'elle réalisa ce qui l'avait tant inquiétée. C'était là, juste sous son nez, l'odeur sous le coton.
Avec l'absence du rythme de la musique, elle pouvait sentir l'absence de vibrations dans sa main. Ni lui ni elle n'avait de pouls.
 
Tess tenta de se défaire de son emprise, sachant que c'était en vain. Étant une rôdeuse assez jeune, elle n'était pas aussi forte que ses aînés. Son emprise meurtrit la peau dure de son poignet. Elle comprenait l'utilité des gants désormais ; il avait patienté et dissimulé toutes les particularités pouvant trahir son identité de rôdeur de la nuit.
 
Les mots de Roderick lui revinrent : « Il n'y en a qu'un. » C'était vrai. Tess avait été la dernière rôdeuse en liberté avant ce moment. Comment cet étranger avait-il donc pu échapper au Chasseur Everett ? Le chef humain avait organisé la rébellion, s'était attribué tout le mérite pour le Massacre du Soleil, et avait soit tué soit réduit à l'esclavage tous les rôdeurs un peu plus d'un an auparavant. La seule raison pour laquelle Tess lui avait échappé était parce que personne n'était au courant de son existence. Le rôdeur aurait tout à fait pu en avoir fait de même, mais si cela était le cas, que voulait-il d'elle ?
 
L'étranger rit et la tira contre lui. « Tess, chérie, tu as du sang sous ton menton. Ton maître ne t'a-t-il donc jamais appris à te nettoyer après avoir tué ? » Il s'arrêta. « Non, il n'a pas pu, n'est-ce pas ? Il croit que tu es morte. »
 
Il connaissait son nom.

« Mais ne t'en fais pas », continua-t-il, affichant un grand sourire à nouveau. Cette fois, elle vit le bout des crocs qu'il ne s'embêtait plus à dissimuler. « Tu vas le rejoindre bien assez tôt. »
 
Tess tenta à nouveau de se défaire de son emprise. Autour d'eux, les humains restaient immobiles, comme s'ils ne voyaient pas ce qui se déroulait sous leurs yeux. Elle s'arrêta de gigoter et se laissa tomber, frappée par un épuisement soudain. Elle avait mal au crâne. Elle avait mangé quelque chose de mauvais – Roderick avait sûrement pris de la drogue.
 
Remarquant sa soudaine apathie, l'étranger rit de plus belle. « Le gâteau était délicieux, pas vrai ? Je savais que tu ne pourrais y résister. » Il passa ses mains dans ses cheveux et se mit à parler derechef, cachant ses crocs. « Mesdames et messieurs, veuillez m'excuser d'avoir perturbé la soirée. Grâce aux vaillants efforts déployés par moi-même et mon équipe, nous avons réussi à capturer le dernier rôdeur. »
 
Les paupières de Tess s'alourdirent. Elle n'avait pas dormi depuis deux ans, pas même durant la journée, et cette sensation lui était désormais étrangère. Elle arrivait à peine à assimiler ses paroles, ne sentant que l'emprise qu'il gardait sur son bras.
 
« Malheureusement, notre volontaire le plus brave, Mr Darcy, est une victime de cette guerre. Son corps se trouve à l'étage, mon équipe va s'en occuper. »
 
Conneries, pensa Tess. Roderick n'avait pas était brave, il n'avait été qu'un lâche inutile qui s'était trouvé sur son chemin. Les humains autour d'eux se mirent à bouger, interagissant entre eux et chuchotant à son propos comme si un enchantement avait été brisé. Une autre voix s'éleva par-dessus celle de la foule.
 
« Monsieur le Président, qu'allons-nous faire d'elle ? »
 
Président ? Tess allait vomir. Elle savait qui la tenait, et cela était bien plus que ce qu'elle pouvait encaisser. Elle sentit le sédatif faire son dernier effet sur son corps et elle tomba mollement, retenue par l'emprise du Chasseur Everett.